Groupe Rissois d'Histoire Locale. Association "loi 1901"
1 Juin 2026
(leurs enfants)
(Pensez à cliquer sur les photos qui suivent dans l'article pour avoir l'aperçu complet).
Au mois d’octobre 2014, le maire de Ris-Orangis, Monsieur Stéphane Raffali, reçoit un courrier de l’Association Nationale des Pilotes de Planeurs de la Deuxième Guerre Mondiale dont le but est d’honorer les pilotes et les personnes qui ont servi l’Amérique durant cette guerre. Après avoir découvert que les pilotes de planeurs américains avaient séjourné dans plusieurs résidences proches de Brétigny-sur-Orge dont :
- Deux châteaux et une demeure privée de Ris-Orangis
- Le château de Fleury-Mérogis
- Le château des Sorbiers à Brétigny-sur-Orge
- et les châteaux de la Saussaye et du Guichet à Vert-le-Grand,
Avertissement : pour écrire cet article j'ai largement utilisé les textes de Madame OVERMAN fille de l'Adjudant Lee WHITMIRE, un des pilotes concernés..
Le signataire du courrier, le Major Léon SPENSER propose d’offrir à Ris-Orangis les documents photographiques pris en avril 1945 pendant le séjour des pilotes dans notre ville et désire remercier la municipalité pour avoir fourni un hébergement à ces hommes au cours de leur mission.
Cette mission étant de participer à l’opération « Varsity » dont le but est l’invasion de l’Allemagne pour appuyer les troupes alliées qui avancent et repoussent l’ennemi.
Monsieur Stéphane Raffali propose au GRHL d’être l’organisateur de l’accueil d’une délégation qui pourrait venir nous visiter au mois de mars 2015. Le service municipal de la culture et des relations avec les Associations apportera son aide pour la réalisation de cette entreprise.
Par la suite nous échangerons beaucoup de courriers avec Madame OVERMAN qui sera notre correspondante et dont le père Lee WHITMIRE avait résidé au château Gomel.
Notre première tâche sera donc de situer les lieux d’hébergement en utilisant les photos que Madame OVERMAN nous fait parvenir. En effet si nous connaissions les deux châteaux de Ris, la localisation de plusieurs demeures ne nous étaient pas connues. Un de nos adhérents Eric BARDOCHAN, trouve assez rapidement une maison située au n° 87 de la rue de Seine.
Le château Lot était facilement identifiable grâce à notre collection de cartes postales. Il est la propriété d’une société qui ne nous a pas autorisé à pénétrer dans le parc.
Le 21 mars 1945, un bi-moteur C-47 Dakota quitta l'aérodrome avancé A-79, situé à Prosnes, en France, avec, à son bord, neuf passagers: Les Sous-Lieutenants Willard WOODS, Charles ROHN, Joe C. TURNER, John L. WATERS, John WINTERS et les Adjudants, Jacob ZICHTERMAN, Thomas PLEGER,William L. WILCOX, et mon père, l'Adjudant Lee WHITMIRE.
Ces hommes, pilotes affectés au 88e Escadron de transport de troupes (ETT) du 438e Groupe de Transport (GTT), étaient envoyés en détachement au 435e Groupe basé à Brétigny sur Orge.
Leurs ordres ont été reçus par le 435e Groupe de Transport de Troupes le 23 mars et sept des neufs hommes du 88° Escadron de Transport Troupes ont été affectés au 78° ETT.
Le sous-lierutenant Jacob A. ZICHTERMAN a été affecté au 77e ETT. On ignore l'affectation du lieutenant William A. WILCOX.
Tous les hommes, pilotes expérimentés de C-47, ne furent informés qu'à ce moment qu'ils allaient voler comme co-pilotes sur des planeurs CG-4A Hadrian. Tous avaient reçu une formation sur planeur avant d'être expédiés sur le Théâtre d'Opérations Européen (TOE) fin 1944, ce n'était donc pas une surprise. Cependant, ils restèrent probablement bouche bée lorsqu'ils apprirent qu'une fois posés, il seraient affectés d'office dans la 435° Compagnie Provisoire d'infanterie des Planeurs du 194° Régiment d'infanterie des Planeurs. Leur mission consistait à tenir et défendre la position de la ligne de front avec le 194° Régiment d'Infanterie des Planeurs jusqu'à la jonction avec les Troupes au Sol Britanniques.
Ces neuf hommes (ils ne seront plus que sept) étaient sur le point de participer à la plus importante opération aéroportée de l'histoire de la guerre. Aux premières heures du 24 mars, steaks et œufs ont été servis au petit-déjeuner des pilote: et combattants. Le matériel a été vérifié et tous ont attendu l'heure du décollage. L'aube promettait un ciel dégagé pour la journée. Le code CM était peint sur le nez du bimoteur C-47 pour indiquer son appartenance au 78° Escadron de Transport de Troupes.
En même temps, sur 12 différents aérodromes situés un peu partout en France, neuf cent quatre vingt cinq avions faisaient chauffer leurs moteurs, prêts à transporter hommes et matériel dans un convoi aériens d'environ 750 km de long.
Ces hommes ont significativement participé à une bataille appelée plus tard la Bataille de Burp Gun Corner (littéralement la Bataille du Coin à Mitrailleuses), qui devint légendaire dans la communauté des pilotes de planeurs.
L'infanterie allemande occupait chaque ferme et bâtiment, et des kilomètres de tranchées avaient été creusées dans les environs. Ils étaient armés de fusils et de mitrailleuses. Chaque champ et pratiquement chaque bosquet abritait un canon anti-aérien.
Cependant, cette histoire n'est pas celle de cette opération, mais celle des endroits où sept de ces hommes (PLEGER, ROHN, TURNER, WATERS, WINTER, WHITMIRE et WOODS) ont vécu durant les mois qui ont suivi cette bataille alors qu'ils étaient toujours détachés au service du 435e Groupe de Transport de Troupes dans le 78e Escadron de Transport de Troupes. Cette histoire décrit plutôt la découverte des Châteaux dans lesquels ils ont vécu. Après leur mission de combat en Allemagne, ils furent affectés au pilotage de C-47 et maintenus en détachement au service du 78e Escadron.
Ces hommes ont piloté alors plus intensément que lors du reste de la guerre pour subvenir aux besoins énormes des Alliés qui s'avançaient en Allemagne. Ils volaient entre deux à trois fois par semaine et jusqu'à deux à trois fois par jour mais, lorsqu'ils ne volaient pas, ils se reposaient dans un beau château.
J'ai rencontré (c'est Mme OVERMAN qui parle) HANS DEN BROK au début de mes recherches sur le passé de mon père. Hans venait de terminer les recherches pour son livre: « La Bataille de Burp Gun Corner» et il m'a fourni une profusion d'informations. Hans a découvert deux châteaux. où deux Escadrons de Transport de Troupes ont séjourné. Pour des raisons pratiques je les ai nommés Château 77 et Château 78.
L'histoire du 78° Escadron, écrite en mars 1945, décrit que ses officiers étaient cantonnés dans trois châteaux des environs de Brétigny.
En avril 2013, j'ai interviewé Robert SWENSON, un pilote de planeurs, au sujet de l'opération Varsity et j'ai appris qu'il avait, lui aussi, vécu dans un château. Bob appartenait au 72° Escadron du 434° Groupe. Le 10 mars, Bob et plusieurs de ses camarades officiers ont été transférés au 435° Groupe de Transport de Troupes, détachés dans le cadre de l'opération Varsity.
Il m'a appris que les officiers, de même que d'autres hommes détachés du 434° Groupe, vivaient alors dans un château nommé Les Sorbiers. Il m'a affirmé qu'il était situé dans la ville, non loin de la gare et qu'il était facile de prendre le train pour Paris.
Entre les informations glanées par Hans, les documents relatant l'histoire de l'Army Air Forces, l'interview de Bob, j'en suis arrivée à la conclusion que des pilotes de différents groupes et escadrons ont résidé dans plusieurs châteaux des environs. Bien que cela me semblait improbable de retrouver où ils avaient vécu, j'étais curieuse de découvrir si mon père avait, lui aussi, résidé dans un château. Bob m'appris que les pilotes détachés au 435° Groupe ne vivaient pas dans le même château que les pilote initialement affectés à celui-ci. Cela signifiait-il que mon père pouvait ne pas avoir vécu dans un château avec les pilotes du 78° Escadron?
Pour répondre à cette question j'ai commencé par l'histoire du 88° Escadron du 438° Groupe pendant le mois de novembre 1944. J'y ai appris que tous ces hommes avaient été affectés au 88° escadron entre novembre et décembre 1944. Ils avaient tous reçu une formation de pilote de planeur avant d'être expédiés sur le théâtre d'opérations européen. Grâce à Hans, à Peg Fell, secrétaire de l'Association du 438° Groupe de Transport de Troupes, et à mes propres recherches, j'ai pu retrouver et prendre contact avec les familles de ces sept hommes.
En octobre 2013, la première personne que j'ai rencontrée était Marian Klieber, la fille de Thomas PLEGER, qui avait conservé ses photos du conflit. Bruce, mon mari, et moi avons pris l'avion depuis Seattle, dans l'état de Washington, jusqu'à Cleveland, dans l'Ohio, pour la rencontrer. Marian nous a autorisé à scanner toutes ces photos. Nous avions trouvé le jackpot! Nous avons découvert six photos de mon père et de ses copains (tels qu'inscrits au dos des tirages) y compris l'une prise en compagnie de quatre des hommes détachés au service du 435° Groupe.
Lors d'un autre voyage à St Louis, Missouri, nous avons rencontré les fils et fille de Charles ROHN , Richard Rohn et Janet Kniffen. Ils m'ont remis des copies de courriers expédiés par leur père depuis l'Europe. En lisant ces lettres, j'ai découvert que les sept hommes issus du 88° escadron affectés au 78° escadron vivaient tous dans un vaste château dont ils étaient les seuls occupants. Ceci expliquait pourquoi ils ne vivaient pas avec les pilotes réguliers du 78° mais logeaient pourtant dans un château?
De même, durant ces recherches, Hans m'a mis en contact avec Barbara Woods, dont le père, le Sous-Lieutenant Willard C. WOODS, avait ramené de nombreuses photos de la guerre. Barbara m'avait prévenu qu'elle disposait de photos d'hommes et de lieux qu'elle était incapable d'identifier. Elle me les a expédié et j'ai remarqué que l'une d'entre elles représentait la cour de ce qui semblait être un château. J'ai immédiatement deviné que l'endroit était situé à Ris Orangis ou quelque part dans les environs immédiats car c'était le seul moment où ils ont eu l'opportunité de vivre dans un château. Cette photo avait pu être prise pendant que ces hommes visitaient les environs sauf qu'il portaient de simples vêtements. Lorsqu'ils se promenaient ils portaient habituellement leur uniforme de classe A.
La photo, prise depuis l'intérieur d'un bâtiment, les montre dans un espace clos. J'ai remarqué sur cette photo de Barbara, un style très différent de portes et fenêtres. J'ai envoyé une photo de la cour à Hans et lui ai dit que je recherchais ce château à partir des vues aériennes disponibles dans Google Maps. Hans m'a répondu qu'il tenterait une marche virtuelle à partir de l'aérodrome de Brétigny jusqu'à Ris Orangis au moyen de Google Street View.
Il n'a pas fallu longtemps à Hans pour m'envoyer un lien vers la vue d'une cour située juste de l'autre côté de la route qu'il suivait virtuellement. Les fenêtres et le toit du bâtiment étaient identiques à ceux qui entouraient la cour apparaissant sur la photo de Barbara. Cependant, la lucarne ne figurait pas sur la photo de l'époque. Avions-nous sous les yeux d'autres côtés de cette cour?
Barbara m'a dit qu'elle disposait d'autres photos. L'une représentait une petite chapelle située sur la propriété du château et le long de la route. J'ai parcouru les alentours grâce à Google Earth et enfin la voilà! La chapelle est bien là, le long de la route. J'ai nommé l'endroit Château 88.
D'autres photos en disent plus sur le château. Il s'agissait d'une bien vaste demeure pour seulement sept hommes.
J'ai envoyé des copies de nombreuses photos de ces hommes à leurs familles leur demandant de les identifier. Ernie PIeger a reconnu son frère, Thomas, assis sur la motocyclette, le second en partant de la gauche.
Un autre membre de notre équipe de recherches, mon mari, Bruce, a commencé une recherche en ligne pour trouver le nom de ce château. En comparant des photos, Bruce a trouvé une vidéo d'un historien et un journaliste évoquant cette construction. J'ai envoyé le lien à mon cousin, Philippe Arakelian, en France, qui a traduit cette vidéo. Le lieu s'appelle Château Gomel. Apparemment la ville de Ris Orangis possédait un total de sept châteaux mais, de nos jours, il n'en reste que trois dont la ville a entrepris la restauration. J'étais heureuse d'apprendre que la ville vient d'achever celle du Château Gomel, transformé en appartements privés.
Je disposais alors de tout ce dont j'avais besoin pour savoir où et quand mon père avait vécu lors de son détachement au service du 78° escadron. J'ai alors voulu arrêter mes recherches mais, c'est à ce moment que j'ai été invitée à m'enregistrer sur le site internet du 435° GTT par Ross Swain, dont le père était pilote au 78° ETT.
Le 14 juillet 2014, j'ai envoyé sur le site internet de Ross une photo d'un château (le Château Lot) où les pilotes réguliers du 78° escadron avaient été cantonnés. Le site internet a alors été submergé de courriers contenant photos et informations diverses. Cela m'a permis de prendre contact avec les deux fils du pilote et Sous Lieutenant Kevin P. McGlynn, du Massachusetts. Mark et Mike m'ont appris que les pilotes du 78° escadron avaient vécu dans le Château d'Orangis jusqu'à la fin avril 1945, date à laquelle ils ont aménagé dans une grande maison en ville, 87 rue de Seine.
Au vu de toutes ces lettres et photos relatives aux Châteaux Gomel et Lot expédiées durant le conflit, j'ai pensé que ces châteaux avaient dû beaucoup marquer ces hommes pour qu'ils les aient autant photographiés et décrits. J'ai donc continué mes recherches.
Des rumeurs avaient circulé quant à un possible transfert du 435° Groupe en France et elles devinrent réalité lorsque son échelon avancé y arriva le 13 février 1945. Bien que le climat n'ait guère aidé, le transfert s'est très bien passé grâce aux hommes de l'échelon avancé qui ont consacré de nombreuses et laborieuses heures à le préparer. L'Adjudant John H. Chartier qui a servi d'interprète et d'agent de liaison avec la population civile locale a fait un travail extraordinaire. Le 435° s'est installé sur l' aérodrome de Brétigny, plus connu sous le numéro A-48, situé à 40 km au sud de Paris.
Le Château Gomel est situé au nord-est de l'aérodrome A-48. Il a hébergé les sept hommes de l'Escadron du 438° Groupe détachés au service (DS) du 78° Escadron du 435° Groupe. Ils ont vécu là de fin mars à fin avril 1945. Chacun bénéficiait de sa propre chambre. Ils disposaient de vélos, de motos et avaient un chien. A en croire leur correspondance, ils ont beaucoup apprécié leur séjour dans le Château Gomel. Le château où vivaient les pilotes du 78°, le Château d'Orangis, n'est situé qu'à 500 mètre de celui-ci. Les pilotes utilisaient donc l'allée qui courrait dans le parc pour se rendre visite les uns les autres.
Les Officiers pouvaient aussi emprunter cette allée jusqu'à la ville de Ris Orangis. La beauté des lieux était
fréquemment évoquée dans leur courrier à leur famille.
Leurs motos semblent être le pôle d'attraction de nombreuses photos.
Sur la photo de la page opposée, dans le coin supérieur droit, on voit les hommes rentrant d'un tour en ville ou d'une visite aux pilotes du 78° Escadron. Deux pilotes lisent sous le porche. C'est une belle et tranquille journée. L'homme assis sous le porche, portant la main à sa tête, est mon père.
Le 28 mars 1945
« Je suis actuellement très agréablement logé dans un château, en ville, avec les autres copains du 438° Groupe qui m'ont accompagné ici. Nous ne sommes que sept mais disposons de tout cet espace rien que pour nous. C'est sensationnel mais ça ne durera que jusqu 'à notre retour dans notre affectation d'origine. Nous disposons d'un beau jardin et d'allées à l'arrière de notre demeure. J'aimerais que vous puissiez voir cet endroit car il est vraiment très beau et doit certainement appartenir à une famille aisée. »
Sous Lieutenant Charles Rohn
88°ETT/438° GTT
Détaché au 78°ETT/435°GTT
435° Compagnie d'Infanterie de Pilotes de Planeurs
Sixième Escadron, Quatrième Section
Le 28 mars 1945
« Et maintenant, devine un peu .. après avoir quitté ce trou à rats en Allemagne, nous logeons dans un Château en France. Nous rêvons d'une domestique le matin, loin des tentes, et d'une belle maison meublée. Oh là là ! »
Adjudant Tom PIeger
88° ETT/438° GTT
Détaché au 78° ETT/435° GTT
435° Compagnie d'Infanterie de Pilotes de Planeurs
Sixième Escadron, Quatrième Section.
Le Château Lot est également situé au nord-est de l'aérodrome A-48. Il est en fait situé à environ 500m du Château Gomel. Pilotes d'avions et pilotes de planeurs du 78° Escadron étaient logés là depuis l'arrivée en France du 435° GTT, en février 1945.
Après le mois d'avril certains pilote, furent logés dans une maison en ville où ils disposaient de plus d'espace.
Dans le Château Lot ils logeaient : un trois ou quatre par chambre. Nombre d'entre eux ont pris des photos du Château Gomel, ce qui confirme le fait qu'ils ont rendu visite aux pilotes du 88° Escadron. Ils disposaient: également de vélos et je pense que quelques unes des motos devaient leur appartenir. Ils ont émis des commentaires similaires sur la beauté des lieux. Les hommes du 781' Escadron ont vécu là jusqu'à la fin de la Guerre puis ont été transférés dans les Forces d'Occupation ou renvoyés. aux États-Unis en juillet 1945.
Feb. 27, 1945
Lieutenant Kevin P. McGlynn
78° ETT/438° TCG.
« Mon courrier s'est fait plus rare car nous sommes installés en France maintenant. Nous avons beaucoup volé ces derniers temps et hier, la première nuit de notre installation définitive, la lumière a été coupée. Elle l'est encore ce soir mais j'utilise une lampe torche pour vous écrire ».
« Nous avons enménagé dans un château, l'équivalent d'une belle résidence chez nous. Évidemment nous avons dû couper notre bois nous mêmes, etc .... Nous sommes trois dans notre chambre et bénéficions d'une cheminée que nous approvisionnons généreusement pour rendre l'endroit confortable grâce à un bon feu. Cela me ramène des années en arrière, lorsque mon frère, Ter, et moi, ainsi que le reste des enfants (nous avions 6 petites sœurs) étions petits et faisions les fous autour de vous tandis que Maman et toi lisiez le journal au coin du feu ».
« Le matin, nous nous rendons sur le terrain et, si nous ne volons pas, nous poireautons toute la journée en attendant le repas, puis nous rentrons à la nuit après le souper, ce qui n'est satisfaisant pour personne. Bien sûr les choses vont s'arranger avec l'amélioration des transports et nous pourrons peut-être même installer notre propre mess ici. C'est une belle et vieille propriété, avec courts de tennis, joli parc, etc ... Nous avons effectué un vol vers l'Angleterre aujourd'hui et en avons ramené bois et charbon pour notre chambre. Nous devrions être parés pour le reste de ce rude hiver ».
Nous n'avons aucune indication sur ce groupe qui a bien été photografié devant le château Lot, côté parc. Les résidents provisoires avaient du inviter tout les groupes de pilotes de la région.
« Ce sera bien mieux lorsque le temps s'améliorera et nous ne sommes pas loin du cœur de l'action.
La vie n'est pas facile pour les Français. Certains d'entre eux viennent des alentours et récupèrent tout ce qu'ils peuvent de nos repas pour nourrir leur famille. Je me sens un peu coupable, mais je me dis aussi que ce n'est pas de nos restes de repas qu'ils pourront nourrir leur famille. Je me sens un peu coupable, mais je me dis aussi que ce n'est pas de notre faute, or d'un autre côté nous sommes ici désormais, et c'est donc plus ou moins de notre responsabilité ».
« Le feu dans notre chambre est vraiment agréable. Quelquefois je me surprends à le fixer intensément. Je me demande ce qu'un feu a de si captivant pour qu'une personne le fixe ainsi et se perde dans ses pensées. C'est comme si le feu les emportait et les évacuait par la cheminée au milieu des flammes et de la fumée ».
« Eh bien, c'est comme à la maison. »
Le 29 mars 1945
« Puisque j'y pense, vous est-il possible de m'envoyer quelques colis de nourriture? Bien sûr nous avons largement de quoi manger ici, avec trois repas, mais on a très faim sur le coup des 22:00 heures. La nourriture est bonne mais ne satisfait pas tous nos besoins. Sardines, thon, fromage, biscuits seraient les bienvenus mais avez-vous besoin de tickets de rationnement pour acquérir ces produits? Tâchez d'envoyer ce que vous pouvez. Un dernier casse-croute est toujours agréable mais je profite toujours des provisions des copains et je déteste ça. »
Le 1° mai 1945
« Je viens de revenir du petit-déjeuner et je pensais vous écrire quelques lignes puisque les vols sont annulés aujourd'hui. J'étais le seul à me lever ce matin. Tous les autres sont encore au lit.
Il fait un froid de gueux aujourd'hui et il neige depuis que je me suis levé, la couche fait déjà 5cm. Le treillis qui soutient les rosiers est vraiment magnifique car les roses sont en pleine floraison et les couleurs rouge, vert et blanc offrent une belle composition. »
Le 9 mai 1945 (la guerre a officiellement pris fin le 8 mai 1945)
« Le temps est parfait et je me suis installé sous le cerisier pour vous écrire. Tout à côté, la radio diffuse « Wagon Wheels et la chanteuse hurle, ce qui n'est guère harmonieux. Mais tout le monde est heureux, et les Français ont sorti tous les drapeaux qu'ils ont pu trouver, ce qui constitue une ambiance très colorée. »
Lieutenant Kevin P. McGlynn 78° ETT/438° TCG.
Adjudant Stephen V. PAINTER, Jr.
78° ETT/435° GTT
435° Compagnie d'Infanterie de Pilotes de Planeurs
Troisième Escadron, Quatrième Section
De nombreux pilotes ont confisqué des bicyclettes au Allemands et les ont ramenées dans leur château en les chargeant à bord des C47 qu'ils prenaient sur le terrain d'Helmond pour retourner sur l'A-48. La plupart se plaignaient de devoir attendre pour embarquer car ces vélos prenaient trop de place.
Photo prise devant la maison
De gauche à droite:
Dick Dobyns, Kevin MCGlynn, Frank Norris, Ray Jansen et Roger Frost
Photo prise devant la maison. De gauche à droite: Dick Dobyns, Kevin MCGlynn, Frank Norris, Ray Jansen et Roger FrostLe groupe de pilote qui logeait au 87 rue de Seine et Mr Raymond Pomery, le propriétaire.
Le Château Les Sorbiers est situé à l'ouest de l'aérodrome A-48. IL a abrité les pilotes du 434° GTT qui, tout comme les pilotes du 438°, ont été détachés au service du 435° Groupe pour l'Opération Varsity. Ils étaient tous destinés à piloter des planeurs et ont occupé le Château du sol au plafond. Environ 35 pilotes ont vécu ici. A en croire l'Adjudant (nommé Major ensuite) Robert SWENSON, il dormait dans un lit de camp au rez-de-chaussée avec plusieurs autres hommes dans la salle de séjour. Certains Lieutenants ont pu bénéficier d'une chambre individuelle, mais ce n'était pas le cas de tous. Bob a dit que le Château se trouvait à Brétigny sur Orge, non loin de la gare. Lorsque les hommes avaient une journée de libre, ils sautaient dans le train pour Paris.
Tous les hommes du 434° ne pouvaient contenir dans le château et certains finirent par occuper une vaste maison à proximité. Le Lieutenant Van LONDON était l'un d'entre eux. Il a intitulé la photo de cette maison : « Mon château, la villa St Pierre, au 31 rue St Pierre, Brétigny-sur-Orge ».
Les pilotes de planeur du 434° ont été répartis dans les quatre escadrons du 435° GTT en fonction des besoins. Ils ont été renvoyés, fin avril, sur un aérodrome avancé, le A-80, situé à Mourmelon, en France. Eux aussi y ont été logés sous des tentes à huit places.
Le Château de Fleury a été habité par les pilotes du 75° Escadron. C'est un joli château situé au nord et un peu à l'est de l'aérodrome avancé du 435° Groupe sis à Brétigny-sur-Orge. Le Capitaine (nommé Major par la suite) Charles Gordon, commandant les pilotes de planeurs du 435°, a filmé ce château depuis les airs alors qu'il tournait autour de la piste. Il attendait que son escadrille se constitue pour en prendre la tête à destination du Rhin pour l'Opération Varsity, l'invasion de l'Allemagne.
Sur la photo du HAUT.
Quelques hommes du 75° Escadron
De gauche à droite/rang du fond:
L'Adjudant JOHN C. COX, le Lieutenant JOHN R. JACKSON, le Sous-Lieutenant George E. BECKER, l'Adjudant Samuel DERR
Au premier rang: L.es Adjudants WYATT H. DODD, Oliver C. FARIS, Wallace L. BUTTS, William R. CANNON, Bruce L. DECKER.
A droite : Sculpture en bronze représentant le Rhône. Aujourd'hui elle est exposée sur le parterre d'eau du château de Versailles.
Le Château de la Saussaie est situé dans la ville de Vert le Grand qui se trouve à environ 3 km au sud-est de l'aérodrome avancé. Ce château a reçu les pilotes du 77° Escadron. Le Lieutenant George JOHNSON, pilote de planeur, occupait la chambre la plus à droite du premier étage.
« Les Officiers étaient cantonnés dans les châteaux réquisitionnés et situés dans un rayon de 13 km autour de l'aérodrome. Le 77° en occupait cinq dans la ville de Vert le Grand. Le Bureau des Opération de l'Escadron ainsi que le Quartier Général étaient installés dans une vieille ferme et une grange bâties très près de la piste et non loin des divers cantonnements ».
« La différence majeure entre la France et L'Angleterre était la sécurité. Il était virtuellement impossible de garder secrètes, dans un rayon de 8km, les activités du 435° Groupe de Transport de Troupes, constitué de plus de 90 avions et 200 planeurs.» Histoire du 77° ETT en 1945; Agence de Recherches Historiques des Etats-Unis Armée de l'Air.
Ci-dessous, remarquez les Ailes portées sur l'uniforme de George JOHNSON. C'est la seule photographie qui montre clairement cet insigne porté par les pilotes de planeurs. Un « G » figure sur les ailes et les hommes affirmaient toujours que c'était l'initiale de « Guts », qui est un terme américain pour désigner le courage.
Une chambre aménagée pour deux pilotes au premier étage du château principal - Un pilote de planeur prenant le soleil sur la pelouse devant l'écurie
Pilotes de planeurs de tous grades, tombés au champ d'Honneur . Remerciements aux personnes ayant aidé Patricia Overman pour la réalisation de son ouvrage.
8 heures 45 :
Accueil de la délégation américaine devant la Mairie en présence de représentants des associations d’anciens combattants. Sont présents, Monsieur PRIVAT-GARILHE, vétéran de la dernière guerre, ainsi que madame BERNARD et son fils Jean-Jacques. Madame BERNARD, qui avait 13 ans en 1945 est la sœur de Raymond Pommery ,19 ans, qui habitait la maison du 89 rue de Seine et qui avait sympathisé avec un pilote américain le sous-lieutenant Charles ROHN
9 heures 15
Accueil au Centre aéré de Champrosay et petit déjeuner. Ce moment d’accueil permet les premiers échanges entre les Rissois et nos amis américains. Nous ont rejoints MM Marcus M’BOUDOU, chargé des Associations et des Relations extérieures et Denis CERISY, maire-adjont à la Culture, des Fêtes et des Cérémonies qui représentent Monsieur Stéphane RAFFALI, Maire de Ris-Orangis.
Les Américains et deux français : face à Barbara Wood, Odile Garrigue (aujourd'hui disparue) et Philippe Arakelian, cousin de Patricia Overman.
M. VINCHON, président du GRHL, présente Mme OVERMAN aux représentants du maire : Denis CERISY, adjoint à la Culture et Marcus M'BOUDOU, adjoint à la coordination entre les associations.
9 heures 45
Présentation de la délégation aux personnes présentes et échanges de cadeaux. Madame OVERMAN offre aux représentants du Maire et à Monsieur VINCHON un ouvrage consacré aux lieux d’hébergements qui ont reçu les pilotes américains durant la seconde guerre mondiale. Marcus M’BOUDOU offre à chacun des membres de la délégation, une médaille de la ville ainsi qu’une plaquette gravée commémorant le souvenir de cette journée de rencontre sympathique.
10 heures 15
Madame OVERMAN présente un diaporama sur l’opération « Varsity », la projection est commentée par son cousin Philippe ARAKELIAN, avec des périodes de grande émotion tant les souvenirs peuvent être parfois douloureux.
11 heures 30
Départ vers la rue de Seine où nos amis se font photographier devant le N° 87 comme l’avaient fait les pilotes en 1945. Direction le château Gomel où nous sommes accueillis par Mme de BELEGUE et Monsieur GODEFROY. Les appareils photo crépitent. Quel bonheur de pouvoir perpétuer le souvenir des images d’autrefois avec leur apparence actuelle.. Madame OVERMAN tenant en mains son ouvrage, et son mari, son appareil photo, tentent de reproduire les mêmes situations; pas facile !!! Direction le château Lot à Orangis. Malheureusement, n’ayant pas pu entrer dans le parc les photos sont prises depuis la grille.
13 heures 15
Repas pris au Plan
15 heures 15
Départ vers le château d Fleury-Mérogis où nous rencontrons Madame Fabienne THOMAS à la suite de laquelle nous faisons une visite autour du château toujours en comparant les photos d'hier avec les images d’aujourd’hui.
Une photo souvenir rassemble rassemble toutes les personnes regroupées sur le grand escalier d'honneur du château..
Fabienne Thomas se prête avec gentillesse au jeu du photographe et doit utiliser les appareils de chacun afin que personne ne manque sur la photo.
Nouveau départ vers le château de la Saussaye à Vert-le-Grand. Le maire, Monsieur QUINTARD, nous attend et nous accompagne vers le château. Bien que celui-ci soit en mauvais état son aspect extérieur est tout à fait conforme aux photos prises par les pilotes. Monsieur QUINTARD donne beaucoup d’explications sur le devenir du domaine qui devrait accueillir des espaces culturels. Cette journée s’est déroulée avec beaucoup d’émotion. Chaque lieu rappelant à certains des évènements qu’il n’ont vécus que par le souvenir de leurs parents et par les nombreuses photos qu’ils leur ont transmises. Retour à la Mairie de Ris-Orangis et séparation vers 18 heures.
Nouveau départ vers le château de la Saussaye à Vert-le-Grand. Le maire, Monsieur QUINTARD, nous attend et nous accompagne vers le château. Bien que celui-ci soit en mauvais état son aspect extérieur est tout à fait conforme aux photos prises par les pilotes. Monsieur QUINTARD donne beaucoup d’explications sur le devenir du domaine qui devrait accueillir des espaces culturels. Cette journée s’est déroulée avec beaucoup d’émotion. Chaque lieu rappelant à certains des évènements qu’il n’ont vécus que par le souvenir de leurs parents et par les nombreuses photos qu’ils leur ont transmises. Retour à la Mairie de Ris-Orangis et séparation vers 18 heures.
Cette journée s’est déroulée avec beaucoup d’émotion. Chaque lieu rappelant à certains des évènements qu’il n’ont vécus que par le souvenir de leurs parents et par les nombreuses photos qu’ils leur ont transmises.
Retour à la Mairie de Ris-Orangis et séparation vers 18 heures.
Nous remercions le Municipalité pour nous avoir accueilli au Centre aéré de Champrosay et pour le soutien logistique qu’elle nous a apporté pour l’organisation de cet échange amical.
Autorisation de Madame Overman pour utiliser son ouvrage comme fil conducteur.
Dear Jean Pierre,
It has been far too long since I last communicated with you.
Philippe mentioned that you would like to use photos and information from the book I gave you.
Please do. You were so helpful during my research, and I could not have created the book without your assistance. What is the address of your blog?
I know you have a Facebook page, but I was unable to send you a friend request.
I would very much like to follow your posts.
Please let me know how you are doing. I would love to hear from you.
Warm regards,
Patricia
Cher Jean-Pierre,
Cela fait bien trop longtemps que nous n’avons pas échangé.
Philippe m’a dit que vous souhaitiez utiliser des photos et des informations tirées du livre que je vous ai offert. Je vous en prie, n’hésitez pas à le faire. Vous m’avez été d’une aide précieuse dans mes recherches, et je n’aurais pas pu réaliser ce livre sans votre assistance.Quelle est l’adresse de votre blog ? Je sais que vous avez une page Facebook, mais je n’ai pas réussi à vous envoyer une demande d’ami. J’aimerais beaucoup suivre vos publications
Donnez-moi de vos nouvelles lorsque vous aurez un moment. Cela me ferait très plaisir d’avoir de vos nouvelles.
Bien cordialement,
Patricia
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