Groupe Rissois d'Histoire Locale. Association "loi 1901"
22 Mai 2026

(Article mis à jour le 22 mai 2026)
Situé au 1 rue Edmond Bonté, dans d'anciens locaux militaires et une partie désaffectée de l'usine Springer, le CAES (Centre Autonome d'Expérimentation Sociale) a été l’un des plus anciens squats artistiques de la région parisienne. C'est le 10 juillet 1981 que sont arrivés dans ces locaux, les premiers occupants. En juillet 1983, l'association CAES est créée. L'idée est de vivre dans la ville de manière autonome et alternative en mélangeant les genres (habitants, artisans, artistes) et les fonctions (espace de production artistique, artisanale, action culturelle et sociale). Toute la décennie 1980 a permis au CAES d'être « LE » lieu culturel en Essonne.
Dans les années 1990, le CAES bascula d'une expérience sociale à de l'intervention sociale, notamment avec de l'hébergement d'urgence.
Le lieu connut ensuite un changement qui correspondait à l'évolution de la société de l'époque : montée de l'individualisme, perte des repères utopiques, pragmatisme et fatigue des membres fondateurs.
En 1999, La plupart des membres historiques quittèrent le site, alors que le nouveau gouvernement souhaitait fermer le lieu. Il ne fut sauvé que par l'intervention du maire de la ville (Thierry Mandon), interpellé par des propositions de nouveaux projets déposés par un groupe formé d'anciens et de nouveaux "Caessiens".
Le CAES devint le théâtre de faits-divers et un espace de non-droit. Des plaintes portées à l'encontre de délinquants notoires ayant été jugées irrecevables ou classées sans suite par le procureur de l'époque, les artistes, découragés, abandonnèrent peu à peu le site.
Une nouvelle équipe, menée par Tifo Benyahia, fut mise en place en 2002. Une nouvelle structuration associative fut établie pour transformer le lieu en résidence, amorçant un projet structurant favorisé par une volonté municipale : la création d'un éco-quartier sur les friches des bords de Seine (près de 20 hectares).
En 2004, le CAES intègra la ZAC (Zone d'Aménagement Concerté) et repositionna son activité. Les activités reprirent de plus belle avec l'ouverture et la gestion de plusieurs espaces dédiés :
2005 : Ouverture de la salle Paulo (en hommage à Paul Sevéhon), gérée par le Conseil d'Administration et dédiée aux expositions.
Janvier 2006 : L'ex-Fun devint Le Fer, un espace géré par la Cie GRT qui fut dédié aux soirées rock et aux performances.
Septembre 2006 : L'association Tempo lança et géra la Cave à Jam.
En 2009, les usines Bertheau de Pierre Bertheau s'intéressèrent au site. Un accord fut vite trouvé avec la ville pour réhabiliter l'espace :
La Tour brûlée et le pigeonnier devaient être réhabilités en ateliers.
Le bâtiment Babel devait être transformé en ateliers-logements de type HLM.
Le bâtiment Tempo était destiné à devenir un café-musique.
En septembre 2009, il fut décidé de réhabiliter une partie de la Malterie et l'une des halles Freyssinet dans les Docks.
En novembre 2009, l'aménageur envoya un courrier à l'ensemble des occupants leur demandant de libérer les lieux. Sous la présidence d'Abder Darik, le relogement des habitants fut effectué dans la ville, et une relocalisation des activités des peintres fut organisée alors qu'une nouvelle structuration juridique était envisagée. Malheureusement Abder Darik en tant que Président hérita d'une dette de près de 250 000 euros accumulée sur les années d'une gestion de complaisance ; la liquidation s'imposa définitivement.
C'est ainsi que se ferma ce chapitre, laissant la place à une nouvelle étape historique : celle du CAES2 - Les Docks de Ris.
(source : article inspiré de l'article Centre autonome d'expérimentation sociale sur wikipédia)
Le film culte Pédale douce, réalisé par Gabriel Aghion (1996) a été entièrement tourné en 1995, et les scènes de soirées débridées filmées dans une cour intérieure ont été réalisées au CAES au niveau de l'entrée située rue de la Malterie.
Le personnage principal est Adrien (Patrick Timsit), un homme d'affaires brillant qui est ouvertement homosexuel. Pour ne pas perdre un énorme contrat avec un client très homophobe et ultra-conservateur (Richard Berry), Adrien demande à sa meilleure amie Eva (Fanny Ardant), propriétaire d'un bar gay, de jouer le rôle de son épouse le temps d'un dîner. Quiproquos et révélations s'ensuivent !
📍Coordonnées GPS (48°39'33.8"N 2°24'58.5"E)
Captures d'écran 'Pédale Douce' à l'entrée de la rue de la Malterie avec son mur d'enceinte en pierre aujourd'hui démoli. Le bâtiment éclairé par les projecteurs est toujours debout.
Témoignage de LOLOCHKA, Artiste peintre
Ce lieu comme son nom peut donner à penser est né sous des auspices plus politiques et sociales qu’artistiques st, si Art Cloche s’y retranche, il n’y eut jamais qu’un statut un peu à part. On créa là la Ruche de Ris puis y lançâmes les Croisières de l’Art en Essonne. Outre l’espace pour créer nous trouvâmes là encore une fois des espaces remarquables d’exposition à un point tel qu’y exposaient toujours volontiers ceux même qui exposaient en galerie. On exposait là mieux qu’en galerie mais on exposait aussi-pourquoi pas – en galerie et dans les lieux dévolus à la “culture” par les communes avoisinantes. Personnellement j’étais sous contrat avec une galerie (cela n’a pas duré longtemps…) au moment où je me suis installée au CAES puis, j’ai investi un atelier logement à Evry qui m’a été attribué par le Ministère de la Culture et où je suis encore, mais j’ai continué de travailler et d’exposer régulièrement au CAES. Parce qu’encore une fois c’est un espace de liberté et de création formidable et les lieux à chaque fois agencés différemment pour y accueillir des expositions sont cent fois plus intéressants que les galeries ( plus grands, aménageables à volonté…)
Aujourd’hui, le CAES est en train d’être démoli et, si les artistes y sont encore, les conditions d’épanouissement sont en voie de disparition. Les promoteurs veulent y construire des ateliers qu’ils vendront à qui pourra les acheter. Déjà, rue d’Arcueil, 6 ateliers d’artistes avaient été créés et proposés au “noyau dur’ d’Art Cloche. Mais, comme disait Schurder ici présent : “Que faire d’un atelier avec un loyer tel qu’il nous faudra travailler en dehors- et donc ne plus peindre- pour le conserver ?”
Paul SÉVÉHON Sculpteur
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HENRI SCHURDER |
| EXPOSITIONS PERSONNELLES |
| 1997 Centre Culturel Robert Desnos - Ris Orangis Galerie Marie Thérèse Cochin - Paris Galerie Médiart Art Contemporain - Paris Hôtel de Ville-Evry Le Ludion. Espace d'Art Contemporain Ville-Moisson sur Orge Château de Villiers - Draveil 1995 |
Paul SÉVÉHON Sculpteur
Témoignages relevés dans le Parisien du 30 mars 2017
L'heure de rendre les clés a sonné. Ce vendredi, les artistes du collectif v3m procéderont à l'état des lieux du hangar qu'ils occupent, depuis près de vingt ans, au cœur du Centre autonome d'expérimentation sociale (CAES), à Ris-Orangis. « Une page se tourne, confirme le peintre Mickaël Esprin. Je suis ici depuis dix-sept ans, j'ai même vécu là pendant dix ans. Il y a un peu de nostalgie car c'est grâce à ce lieu que nous avons pu accomplir tout ce que nous avons fait. Mais d'un autre côté, quelque chose d'autre est en train de naître, c'est très bien aussi. »
Pour ce collectif d'artistes, le futur s'écrira en Seine-et-Marne, au cœur de la réserve naturelle régionale des Bruyères de Saint-Assise. « Nous continuerons de travailler avec la ville, ajoute le peintre. Nous animons deux ateliers par semaine dans le cadre des activités périscolaires et un de nos membres assure également un atelier à la MJC ».
«Je ne sais pas où aller»
À terme, le site du CAES sera transformé en écoquartier. Il comprendra, en plus des locaux de l'association Planète Sciences et de la plate-forme du quai de la Borde qui accueille des jeunes sortis du système scolaire, une ressourcerie, un café associatif et un primeur. « Nous avons voulu rester fidèles à la grande utopie du CAES », assure le maire socialiste de Ris-Orangis, Stéphane Raffalli.
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