GRHL - HISTOIRE LOCALE DE RIS-ORANGIS

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JACQUES FROMENTAL HALÉVY DIT « FROMENTAL » (1799-1862)

JACQUES FROMENTAL HALÉVY DIT « FROMENTAL » (1799-1862)

Parmi les nombreux propriétaires qui se succédèrent dans le château de Fromont, nous pouvons évoquer le compositeur Jacques François Fromental Élie Halévy.
On trouve quelques témoignages de sa présence au château dans le Journal d'Eugène Delacroix.

PETITE BIOGRAPHIE

À sept ans, Fromental Halévy entre au Conservatoire de Paris puis rejoint en 1811 la classe du compositeur italien Luigi Cherubini, installé à Paris. Il donne ensuite des cours de solfège au Conservatoire et, en 1817, obtient le second Prix de Rome, puis le Grand prix en 1819 et part à Rome, séjourne à Naples, puis à Vienne en 1822 où il rend visite à Beethoven qu'il admire, tout en se sentant plus proche de Mozart et de Cherubini.
C'est en 1833 qu'il reçoit du docteur Véron, directeur de l'Opéra de Paris, la commande d'un grand opéra en cinq actes sur un livret d'Eugène Scribe, La Juive. Il sera programmé le 23 février 1835 et rencontrera un grand succès.

"La Juive" : ouverture du 3ème acte ; Buste d'Halévy par Victor Evrard (entre 1860 et 1869), Paris, opéra Garnier"La Juive" : ouverture du 3ème acte ; Buste d'Halévy par Victor Evrard (entre 1860 et 1869), Paris, opéra Garnier

"La Juive" : ouverture du 3ème acte ; Buste d'Halévy par Victor Evrard (entre 1860 et 1869), Paris, opéra Garnier


À la mort d'Antoine Reicha en 1836, Halévy remplace le compositeur français d'origine bohémienne à l’Académie des Beaux-Arts.
Mélodiste très abondant, parfois inspiré, souvent sincère jusqu'à la naïveté, il crée en 1835 l'opéra-comique L’Éclair (1835) qui est très apprécié d'Offenbach.
En 1838, l'Opéra lui commande une nouvelle œuvre : Guido et Ginevra, sorte de transposition de l'histoire de Roméo et Juliette à Florence pendant la peste. Du coup, le Conservatoire fait lui aussi de plus en plus appel à lui et suivent deux grands opéras : La Reine de Chypre (1941) et Charles VI (1843).

Entretemps, en 1841, Halévy a acheté les terres, bois et château de Fromont à Ris-Orangis et a épousé le 27 avril 1842 Léonie Rodrigues-Henriques, une artiste cultivée, fille de banquier juif.
Suivent encore quelques opéras-comiques comme Les Mousquetaires de la Reine (1846), Le Val d’Andorre (1848) et La Tempesta (1850).

Théâtre de l’Opéra-Comique "Les Trois Mousquetaires de la Reine" dernière scène du 2e acte (L'Illustration du 14 février 1846 n°155) ; Théâtre de l’Opéra "Le juif errant" 3e acte (L'Illustration du 1er mai 1852 n°479) ©RIPMThéâtre de l’Opéra-Comique "Les Trois Mousquetaires de la Reine" dernière scène du 2e acte (L'Illustration du 14 février 1846 n°155) ; Théâtre de l’Opéra "Le juif errant" 3e acte (L'Illustration du 1er mai 1852 n°479) ©RIPM

Théâtre de l’Opéra-Comique "Les Trois Mousquetaires de la Reine" dernière scène du 2e acte (L'Illustration du 14 février 1846 n°155) ; Théâtre de l’Opéra "Le juif errant" 3e acte (L'Illustration du 1er mai 1852 n°479) ©RIPM


FROMENTAL HALÉVY AU CHÂTEAU DE FROMONT

Jusqu'en 1855, nous n'avons pas trouvé de témoignages de son installation, de sa vie au château en dehors de la matrice cadastrale. Cette dernière nous indique juste qu'à partir de 1853, son beau-frère Hippolyte Rodrigues semble aussi en copropriété avec lui et grâce au Journal du peintre Eugène Delacroix, que lui, sa femme et ses enfants y résident.

Le cycle des grands opéras se termine par deux ouvrages sur le thème de la faute et de son pardon éventuel : Le Juif errant (1852) et La Magicienne (1858). Entre les deux, le 29 juillet 1854, Halévy est devenu le Secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts et à ce titre, bénéficie d'un logement de fonction quai Conti.
À partir de cet instant, il devient l'objet d'une cour assidue de la part d'Eugène Delacroix, qui a une maison en face de son château de Fromont, de l'autre côté de la Seine, et qui désire à tout prix entrer à l'Académie.

Eugène Delacroix et sa maison de ChamprosayEugène Delacroix et sa maison de Champrosay

Eugène Delacroix et sa maison de Champrosay


C'est dans le tome 3 de son Journal qui couvre la période de 1855 à sa mort en 1863, que Delacroix évoque régulièrement sa fréquentation avec le compositeur.
Ainsi, qu'il soit invité quai de Conti, ou au château de Fromont, que lui-même invite à sa table à Champrosay au côté d'Halévy, Mérimée, Biolay, Arago et d'autres, le peintre flirte avec tout le milieu de l'Académie.
Ainsi, on peut lire que c'est en juin 1855, que Fromental Halévy s'installa vraiment à Fromont. Delacroix le tient d’Hippolyte Rodrigues, frère de Léonie, la femme du compositeur qui y est déjà installé depuis un moment avec sa famille. Ce beau-frère reprendra d'ailleurs le château après le décès d'Halévy en 1862. Durant tout l'été 1855 et jusqu'à la fin de cette année-là, les deux hommes se rencontrèrent à de nombreux dîners.

Champrosay, 14 juin [1855] - J'étais engagé à dîner aujourd'hui par Rodrigues et Halévy. J'arrive à Fromont après avoir fait une visite à Mme Parchappe. Je ne trouve que la bonne Mme Rodrigues ; ces messieurs sont à Paris [...] Me voilà retenu et dînant avec cette bonne dame et des enfants. [...] Après dîner, grande promenade dans le parc [...], je prends l'air, au milieu des plus beaux arbres du monde. La vue de la Seine, de la terrasse d'en bas, est très belle et a même de la grandeur.

Journal de Eugène Delacroix. Tome 3


SOURCES
Wikipédia
Journal de Eugène Delacroix. Tome 3 sur Gallica
♦ Matrice cadastrale - Archives municipales
♦ Crédits images de l'Illustration sur RIPM
 

 

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